Du bon usage de la gestion des risques : un enjeu majeur pour les organismes HLM pour maîtriser le bon fonctionnement de leur entreprise

 

La transformation permanente de l’environnement des bailleurs sociaux ainsi qu’une législation porteuse d’exigences toujours plus nombreuses (loi Egalité et Citoyenneté, amiante, …) placent la gestion des risques au centre des préoccupations de la gouvernance d’entreprise, des dirigeants, managers et collaborateurs. Elles les obligent à se montrer toujours plus attentifs et réactifs.

Les risques sont multiples et tendent à croître et à se transformer avec des conséquences qui peuvent menacer le bon fonctionnement et le développement des activités ou l’atteinte des objectifs stratégiques et opérationnels.

Il est donc de la responsabilité de la gouvernance d’encourager la mesure et surveillance des risques, et de celle de la direction de réinterroger sa propre organisation et ses pratiques associées pour vérifier « l’état de santé » du fonctionnement de l’entreprise. Nous faisons cependant le constat que ces évaluations ne sont pas suffisamment fréquentes dans le secteur de l’immobilier social et souvent trop superficielles. L’expérience montre que la gestion des risques constitue la démarche adéquate pour évaluer le bon fonctionnement de l’entreprise.

On lie le plus souvent la gestion des risques au contrôle interne. Or, la démarche de contrôle interne mise en place au sein des organisations s’accompagne le plus souvent par la mise en œuvre d’un dispositif lourd et contraignant (exemple : rédaction de procédures multiples analytiquement détaillées, et dont la finalité se perd dans les dédales des modes opératoires) qui éloigne des objectifs d’identification, de mesure des risques et de leur mise en perspective par rapport aux dispositifs de contrôle existants, pour s’assurer au final de l’efficacité du système actuel de contrôle des risques.

La démarche de gestion des risques est une approche plus simple, plus pragmatique et plus concrète pour se poser les bonnes questions sur le fonctionnement actuel de l’entreprise et les menaces qui pèsent sur les missions et activités.

Tout l’art de la gestion des risques consiste ainsi à :

  • Identifier et hiérarchiser les risques auxquels est confrontée l’entreprise
  • Analyser avec attention les expositions à ces risques au regard du dispositif de prévention en place et du degré de maîtrise actuelle de ces risques
  • Identifier les moyens économiques et efficaces pour se prémunir et minimiser les risques peu ou non maîtrisés

Au final, la démarche de gestion des risques menée va favoriser une vision claire et partagée des risques et une meilleure sécurisation et optimisation de l’organisation de l’entreprise et des pratiques associées. Pour tirer le meilleur parti de cette démarche, la direction de l’entreprise doit encourager l’intégration d’une culture de gestion des risques dans les processus décisionnels et opérationnels de l’entreprise : passage d’une gestion individuelle et intuitive des risques à une maîtrise collective et coordonnée de ces risques.

Lorsque la gestion des risques est utilisée méthodiquement et efficacement, la maîtrise du bon fonctionnement de l’entreprise est ainsi assurée. Il se pose néanmoins la question de la pérennité de la démarche et la nécessité d’arbitrer entre la constitution d’une fonction interne dédiée au pilotage de la gestion des risques et la sous-traitance de cette gestion des risques comme une composante d’un audit externe.

 

Auteurs : Wilfrid Biamou (Senior Manager) et Justine Durand (Consultante)

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