Vieillissement des locataires du parc social : les opportunités à saisir

En 2035, près d’un Français sur trois aura plus de 60 ans ; près de la moitié d’entre eux auront 75 ans et plus. La même année, dans le parc social, face au phénomène de vieillissement des locataires du parc et à la demande croissante de retraités paupérisés qui ne trouvent plus de solution dans le parc privé, la proportion de locataires de 65 ans et plus pourrait atteindre 35%.

Le vieillissement constitue à la fois un défi et une opportunité pour les bailleurs sociaux.

  • Un défi, car il impacte leur activité de multiples façons et impose de repenser l’offre proposée et les pratiques développées. En effet, souvent considéré comme un sujet technique (l’adaptation des logements par exemple) et traité principalement sous l’angle de la dépendance, le vieillissement de la population recouvre en fait un spectre bien plus large, puisque la très grande majorité des nouveaux locataires âgés vieillissent dans de bonnes conditions d’autonomie et avec une volonté de vivre le plus longtemps possible chez eux. Accompagnement des parcours résidentiels, spécialisation de la relation avec les occupants, développement social et urbain, adaptation des logements du parc, développement de nouvelles formes d’habitat, etc. : c’est l’ensemble des activités des bailleurs qui sont susceptibles d’évoluer pour intégrer les spécificités des locataires âgés.
  • Une opportunité, car d’une part, les séniors ont des besoins et attentes diversifiés qui ne trouvent pas forcément de réponse dans l’offre existante, et d’autre part, le contexte législatif est favorable pour entreprendre de nouvelles initiatives sur le sujet. Comment se positionner sur ce « marché » ? Comment attirer et fidéliser ces publics ? Comment tirer parti des évolutions législatives ? Différenciation des offres, développement de nouvelles gammes de services et de produits, formalisation d’engagements (charte d’attribution, qualité de service…), labellisation de l’organisme, développement de l’innovation sociale, renforcement des partenariats, etc. : de nombreux leviers sont susceptibles d’être activés pour répondre aux enjeux et tirer parti des évolutions en cours.

Comment s’y prendre ?

En lien ou non avec le Plan Stratégique de Patrimoine (PSP) et la Convention d’Utilité Sociale (CUS), la définition d’une politique dédiée aux séniors s’impose progressivement aux bailleurs sociaux. Pour des résultats optimaux, la stratégie seniors des bailleurs sociaux doit être multidimensionnelle et intégrer : les besoins d’adaptation du stock de logements, des projets de développement d’une offre nouvelle qui tiennent compte des spécificités liées au vieillissement, une offre de services qui répond aux besoins et aux attentes des locataires âgés.

Les étapes à suivre pour élaborer votre stratégie séniors :

  • Objectivez le phénomène du vieillissement au sein de votre parc (profils démographique et socio-économique, types de logement et statut d’occupation par tranche d’âge, degré d’autonomie…) et projeter les besoins sur 20 à 30 ans
  • Comparez votre offre et vos pratiques aux besoins repérés (en termes d’adaptation des logements, de développement, de services, de partenariats, d’organisation…)
  • Définissez les axes prioritaires d’action pour votre organisme sur les différentes dimensions de la stratégie séniors (gestion patrimoniale et investissement, construction, services, partenariats)
  • Sensibilisez vos instances décisionnelles aux réformes en cours, aux enjeux du vieillissement et aux opportunités qu’il présente pour votre organisme
  • Recherchez des financements (locaux, nationaux, européens) et valoriser vos démarches d’accompagnement du vieillissement (labellisation) pour augmenter la visibilité de votre organisme.

Kurt Salmon et son partenaire EHPA Conseil, spécialiste des questions liées à d’adaptation de la société au vieillissement et liées à la Silver économie, vous accompagnent dans l’élaboration d’une stratégie séniors. Pour plus d’informations, contactez-nous.

Article rédigé par Aurélien Bordet du cabinet EHPA, Anne-Sophie Bouet et Antoine Larkin (Kurt Salmon). Retrouvez plus de détail sur l’offre ici.

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